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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 12:32

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d1/JohnLocke.png/220px-JohnLocke.png Voici ma première participation aux vendredis intellos de Madame Déjantée , qui ont pour but de partager nos lectures dans ( je cite !) "le vaste domaine de l'éducation, de la psychologie enfantine mais aussi plus largement, de l'enfance...".


A cette occasion, j'avais envie d'évoquer de grands philosophes, qui ont écrit, sans que nous le sachions forcément ( en tous cas, pour ma part !), dans le domaine de l'éducation. Parfois, c'est complètement anachronique et décalé, alors que d'autres fois, on peut trouver ça terriblement moderne.

 

Pour cette première tentative, je fais appel à John Locke ( non, pas celui de Lost, l'autre...ok, elle était facile, celle-là !).

Oui, l'un de ces auteurs qui a inspiré la révolution américaine...Et bien, celui-là même a rédigé un ouvrage sur l'éducation de nos enfants : oui mesdames et messieurs !

 

 

John Locke ( 1693 ), Quelques pensées sur l'éducation ( extrait ):

 

Ce passage est tiré de la Section III de l'ouvrage, intitulé " Des châtiments" :


" 1° Les châtiments de ce genre ont le tort de ne pas nous exercer à vaincre l'inclination naturelle qui fait que nous recherchons le plaisir sensible et immédiat, et que nous voulons éviter la peine coûte que coûte, tout au contraire ils l'encouragent, et par suite fortifie en nous la disposition d'où jaillissent toutes les actions vicieuses, toutes les irrégularités de la vie.Quel est en effet le sentiment qui gouverne alors l'enfant, sinon l'amour du plaisir ou l'aversion de la peine sensible, quand il étudie sa leçon contre son gré, ou s'abstient de manger un fruit malsain qui lui est agréable pour cette seule raison qu'il a peur d'être fouetté ? Il ne fait en ce cas que préférer le plus grand plaisir, ou éviter la plus grande peine sensible. Et qu'est-ce, je le demande, que proposer de pareils motifs à sa conduite ou à ses actions, sinon cultiver en lui la disposition que nous devons précisement déraciner et détruire ? Je ne saurais donc croire qu'une correction soit utile à un enfant, quand la honte de la subir pour avoir commis quelque faute n'a pas plus de pouvoir sur son esprit que la peine elle-même.

 

2° Les châtiments de cette espèce ont pour résultat nécessaire de faire haïr des choses que le devoir des précepteurs serait précisement de lui faire aimer. En effet rien de plus ordinaire que de voir des enfants se mettre à détester des choses qui ne leur répugnaient pas tout d'abord, uniquement parce qu'elles leur ont valu des réprimandes, des coups de fouet, des mauvais traitements. Et comment s'étonner qu'il en soit ainsi, alors que les hommes faits eux-même ne sauraient prendre goût à rien, si on employait avec eux des méthodes semblables ? Quel est l'homme qui ne prendrait en dégoût un divertissement innocent et par lui-même indifférent, si à force de coups et d'injures on prétendait l'y contraindre, quand il n'y est pas disposé ; ou si, à raison de certaines circonstances, toutes les fois qu'il s'y livrerait il était traité de la sorte ? Il est naturel qu'il en soit ainsi. Les choses les plus indifférentes deviennent désagréables par le fait des circonstances désagréables qui les accompagnent : la seule vue de la coupe, où l'on prend d'habitude des médecines répugnantes, et l'on ne saurait y rien boire avec plaisir, alors même que la coupe serait des plus propres, des plus élégantes, et faite de la plus riche matière.

 

3° Enfin une discipline servile fait des caractères serviles. L'enfant se soumet et feint d'obéir, tant que la crainte du fouet agit sur lui : mais dès qu'il en est délvré et que, n'étant plus sous les yeux de son maître, il peut se permettre l'impunité, il donne libre carrière à ses inclinations naturelles, qui loin d'être affaiblies par ces méthodes sont au contraire accrues et fortifiées en lui, et qui, un instant contraintes, éclates avec d'autant plus de violence. Reste une autre hypothèse.

 

4° Si la sévérité poussée jusqu'à ses extrèmes limites parvient à dominer l'enfant et à corriger pour le moment son caractère désordonné, elle met souvent à la place une maladie pire encore et plus dangereuse,  qui est de briser les ressorts de son esprit. Alors au lieu d'un jeune turbulent, vous avez une pauvre créature sans énergie, capable encore de plaire avec sa sagesse forcée aux sots qui aiment les enfants mous et indolents, parce qu'ils ne font pas de bruit et ne causent aucun ennui, mais qui ne manquera pas de paraître à ses amis un être incommode, et qui en effet, pendant toute sa vie, sera pour lui-même et pour les autres un être inutile ".

 

Vous, vous rendez compte ? Au XVII° siècle, un homme, et non pas une femme, un homme donc, a été capable d'écrire ça... Moi, ça me redonne confiance en l'être humain !

 

Attention, tout n'est pas parfait dans les écrits de Locke en matière d'éducation, les passages où il explique comment l'enfant doit "obéir" à son "maîtres" sont, pour le moins, surprenant pour des parents du XXI° siècle.

 

Mais, ce passage sur les "châtiments" permet d'affirmer que remettre en cause les châtiments corporels n'est pas une "nouvelle mode" lancés par des parents maternants. Non, la volonté d'éradiquer les violences physiques sur les enfants est un projet mûrement réfléchi, qui a pris racine il y a déjà plusieurs siècles.

 

Et vous, saviez-vous que Locke avait écrit sur l'éducation des enfants ? Qu'en pensez-vous ?

 


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commentaires

La Fée Passie 08/08/2011 10:38



L'homme est parfois surprenant ! Quelle modernité !



lesbebous 08/08/2011 12:11



Un concentré de bon et de mauvais !



Xtinette 06/08/2011 16:10



Je ne savais aps mais je suis d'accord avec son texte !



lesbebous 06/08/2011 17:05



C'est fou ce que c'est moderne !



Mme Déjantée 06/08/2011 09:34



Merci beaucoup de ta contribution!! Très intéressant extrait en tout cas que je ne connaissais pas et qui devrais nous éclairer sur les débats actuels sur les punitions!!


A lundi pour le débriefing!!


 



lesbebous 06/08/2011 09:43



Comme quoi, le débat n'est pas si récent ! A lundi Mme Déjantée !



sissi 05/08/2011 18:44



Je ne suis pas pour la fessée ou tout chatiment coporel après je croise les doigts pour que cela ne m'arrive jamais oh non jamais !! la fessée qui part, celle de l'énervement après une journée
épuisante ou après la bêtise de trop, j'avoue que c'est une crainte que j'ai .....



lesbebous 06/08/2011 09:02



J'ai la même peur que toi...mais, en y ayant réfléchi avant, je suppose que l'on limite les risques de dérapage...



CorinnePe_83 05/08/2011 16:16



Moi non plus,je ne suis pas pour les punitions corporelles...Etre maman,c'est avant tout...avoir beaucoup de patience..garder aussi son self-contrôle quand vos gamins sont
insupportables...Adopter la Zen-attitude en toutes circonstances!



lesbebous 06/08/2011 09:01



Oui, on apprend la patience en étant maman !



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